Déception au sommet

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Lisez ma réaction à l'accord décidé au Conseil européen par les chefs d'États des pays membres de l'Union européenne. Cet accord constitue une régression et consacre les égoïsmes à bien des niveaux. Je me battrai lors du débat budgétaire de la rentrée, pour effacer les lourdes erreurs commises par le Conseil.

Commençons par le pire : le rabais de cotisation obtenu par les égoïstes, particulièrement les Pays-Bas. Pour eux, la solidarité ne marche que dans un sens : le leur. Il est inacceptable que des États se comportant comme des prédateurs dans l’Union, qui attirent les entreprises à coups de privilèges fiscaux, se voient ainsi récompensés. Pour les autres États, le manque à gagner dépasse les 10mds par an.

Autre régression, passée quasiment inaperçue : la victoire d’Orban et de ses amis. Le respect de l’État de droit n’est pas une condition sine qua none pour bénéficier des aides européennes ! Ensuite, le compromis du 21 juillet rabote le budget de l’Union, y compris la… santé. Après le Covid et ses plus de 100.000 morts en Europe, cet affichage est indécent.

Mais d’autres lignes budgétaires dégringolent, notamment Horizon Europe (recherche et innovation, rien que ça !) et surtout la PAC, avec au moins 40 milliards de coupes. Catastrophique pour nos agriculteurs et notre souveraineté alimentaire. Le projet de budget adopté par le Conseil EUCO, en baisse par rapport à 2014-2020, devra donc être fortement corrigé par le Parlement Européen. Le cœur du sujet, le Fonds de Relance, nous laisse aussi très amers. Le montant des subventions tombe de 500 à 390mds, décaissables sur 3 ans. C’est doublement mauvais, car la crise étant d’une violence sans précédent, pour l’endiguer ce montant est insuffisant et trop étalé.Certes, l’Allemagne a porté une entorse à sa doctrine austéritaire. Certes, l’Italie, l’Espagne, la Grèce toucheront des montants substantiels, et c’est une bonne chose pour ces pays qui ont souffert des politiques néolibérales.

Mais face à une crise qu’on annonce À -10% de PIB, des millions de chômeurs supplémentaires, sans compter une cascade terrible de faillites d’entreprises, la bonne solution aurait été d’injecter plus et plus vite (comme le suggérait d’ailleurs le Parlement Européen). Les prêts en revanche bondissent de 250 à 360 milliards, en raison du chantage au veto des égoïstes auquel Macron et Merkel ont cédé. On touche là à l’absurde.

Les égoïstes reprochent à l’Italie, la France ou l’Espagne d’être trop endettés et que font-ils ? Ils nous imposent de nous endetter davantage ! Car, dernière chose : si la Commission lèvera bien cet argent sur le marché obligataire, ce seront aux États de rembourser .Dès lors, parler de mutualisation des dettes, et a fortiori de solidarité, paraît dans de telles conditions un artifice rhétorique, un pur élément de langage comme Macron les affectionne.

Je me battrai lors du débat budgétaire de la rentrée, pour effacer les lourdes erreurs commises par le Conseil. Il faudra rétablir les lignes effacées, en priorité celles de la PAC, mais aussi celles du Fonds de Relance, afin d’obtenir plus de subventions et moins de prêts.Il faudra, enfin, doter l’Union Européenne de ressources propres suffisantes (ajustement carbone, taxe sur les transactions financières, taxes GAFAM). Le combat ne fait que commencer.

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