Mauvais goût

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Ce sont les nostalgiques de la politique à la papa qui souffrent le plus. Ah, ce n’est pas De Gaulle qui se serait affiché avec une starlette

mangeuse d’hommes. Ah, ce n’est pas Mitterrand qui aurait conté fleurette à l’ombre des Mickey géants de Disneyland ! Sans être un vieux grincheux, on peut sans doute déplorer cet étalage de vulgarité au sommet de l’État. Gueuleton au Fouquet’s, Croisière au large de Malte sur un yacht de milliardaire, montres voyantes et flirt au grand jour avec des minettes du show bizz : la rupture sarkozienne, c’est aussi cela, l’avènement d’une génération de responsables fric et paillettes qui ne se cachent plus (voyez aussi le cas de Rachida Dati). Les optimistes y verront une désacralisation salutaire : les hommes (et les femmes) publics, fussent-ils à la tête du pays, ne sont pas des personnages mythologiques mais bien des Français comme les autres, avec leurs défauts et leurs mauvais goûts.

A l’évidence, ce qui choque, c’est l’ampleur de la couverture médiatique, et le caractère « téléphoné » de la publication des clichés. La « révélation » de l’idylle présidentielle éclipse opportunément le flop de la visite de Kadhafi. On plaint d’avance les communicants de Sarkozy, contraints, après chaque mauvaise passe politique, d’inventer un nouvel épisode de la vie sentimentale de leur chef! Au prochain mouvement social, le président se fait larguer? Épouse sa belle? Lui fait un enfant?

Cette façon d’encourager les médias (qui ne demandent que ça) à participer à la « peoplisation » de la vie politique participe aussi de la « rupture ». Jusque-là, un compromis tacite excluait du champ de l’information les coups de cœur et les galipettes de nos dirigeants. La dernière campagne présidentielle, durant laquelle les deux principaux candidats ont abusé des confidences personnelles et mis en scène leur vie familiale, ont ouvert une brèche. Avec l’élection de Nicolas Sarkozy, l’alignement sur les standards anglo-saxons (transparence totale de la vie privée) est en passe de se réaliser. Avec les dérives qu’on peut imaginer : scandales, révélations en tout genre, traque des hommes publics, etc… Bienvenue dans la république télé-réalité.

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