Les incendiaires

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Six mois déjà ! Et des foyers allumés un peu partout ! Sarkozy avait promis la rupture tranquille. Les Français subissent plutôt la continuité brutale.
Continuité car l’équipe UMP poursuit l’œuvre de Villepin et Raffarin, prélude à la grande révolution libérale rêvée par l’UMP. Brutale car Fillon, Bertrand, Lagarde and co ne se donnent même pas la peine de faire semblant. Ce n’est pas un hasard si la première décision du  gouvernement visait à exonérer d’impôts une poignée de privilégiés. Le « paquet fiscal », c’est le péché originel de Sarkozy : une mesure à la fois très coûteuse et très injuste. Mais aussi une façon d’annoncer la couleur : dès le départ, fixer l’objectif (la redistribution à l’envers) et la méthode (le passage en force). Depuis six mois, le gouvernement est fidèle à cette feuille de route. L’adoption des franchises médicales restera emblématique d’une politique qui ne fait de cadeaux qu’aux plus riches !

Les mouvements de protestations auxquels nous assistons aujourd’hui mettront-ils un coup d’arrêt à la rupture sarkozienne ? Rien n’est moins sûr. Les grévistes de la SNCF ou de la RATP ont mauvaise presse. Medias, patronat et responsables politiques n’ont cessé, depuis des lustres, de nous alerter sur « ce scandale des régimes spéciaux ». Il est toujours plaisant de voir les puissants fustiger les privilèges des petits. Mais cette stratégie visant à opposer les salariés les uns aux autres, soutenue à grand renfort de tribunes, porte ses fruits. Au point que l’on en vient à considérer comme extraordinaire le fait que plus de 40% des « sondés » résistent aux opérations de propagande !

Le gouvernement poursuit un objectif : la victoire sur le mouvement syndical. C’est pour lui l’assurance de pouvoir passer « tranquillement » aux choses sérieuses en 2008 : la réforme du régime général des retraites, avec à la clé l’augmentation de la durée de cotisation (42 ? 43 annuités ?) et la baisse du montant des pensions. C’est dire si l’épreuve de force qui s’engage aujourd’hui est importante.

Elle ouvre une période de confrontations intense, sur fond de baisse générale du pouvoir d’achat. Car la ronde des mécontents n’en finit pas de grossir. Détresse des pêcheurs victimes de l’augmentation des prix des carburants, malaise étudiant suite à la réforme Pécresse, colère des professions juridiques et des élus locaux contre la réforme de la carte judiciaire, grève dans la fonction publique pour protester contre les suppressions de poste : ces maudits Français, rétifs aux remèdes de cheval, protestent et manifestent. Voilà bien, de notre point de vue, une raison de ne pas désespérer.

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