Un nouveau recul social

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C’est un grand classique de la droite dure : la stigmatisation d’une partie de salariés bénéficiaires d’un régime spécial de retraite, c’est l’assurance d’une standing ovation de la part des députés UMP ou des adhérents du MEDEF. 

Au nom de l’équité, jeter l’opprobre sur une infime minorité de salariés supposés privilégiés : c’est le moyen qu’a trouvé Fillon pour essayer d’exister.

Sur ce terrain, le premier ministre croit pouvoir compter sur le soutien de la quasi-totalité des commentateurs et des responsables politiques : depuis le funeste plan Juppé de 1995, on ne dénombre plus les prises de positions « courageuses » contre ces travailleurs nantis qui ont la chance de pouvoir cotiser un peu moins que les autres. Le matraquage est tel que les syndicats paraissent presque gênés aux entournures pour dénoncer le fond du projet, préférant s’attaquer à la « méthode » gouvernementale.

Pourtant, au-delà de la brutalité dont fait preuve l’équipe en place, il y a bien un problème de contenu. Les bénéficiaires des régimes spéciaux ne représentent que 4,6 % du total des retraités et n’en représenteront plus que 1,6 % en 2025. En rognant sur leurs avantages relatifs (notons en effet que, souvent, les bénéficiaires de régimes spéciaux cotisent davantage que les autres), hérités de l’histoire, qui peut croire que l’on contribuera à régler ce qu’il est convenu d’appeler « le problème des retraites ? Pour la droite, il s’agit simplement de pousser son avantage avant la prochaine réforme : l’allongement de la durée de la cotisation (41, 42, voire 43 ans), le recul de l’âge de la retraite (61, 62, 65 ans?), la baisse du pouvoir d’achat par l’indexation des retraites sur les prix au lieu des salaires et l’augmentation des prélèvements(CSG). Le tout sur fond d’encouragement à la capitalisation. Car c’est là le cœur du sujet : Fillon et ses amis n’envisagent pas de faire contribuer le capital à la solidarité nationale, ils préfèreraient au contraire brader une partie de celle-ci à celui-là!

Il paraît qu’au sein du Parti socialiste, des gogos se félicitent d’un tel recul. Vous avez dit rénovation?

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