De la démocratie en Amérique

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Sale semaine pour Bush. Au moment où le sandiniste Daniel Ortega, longtemps considéré comme un « grand Satan » par l’administration américaine, revient au pouvoir au Nicaragua, le parti du président perd les élections législatives. Le parti démocrate devient majoritaire à la chambre des représentants et le Sénat
est au bord du basculement.

Il ne faut pas cependant exagérer l’ampleur de la défaite des républicains. De notre point de vue français, une présidence aussi calamiteuse méritait une sanction plus éclatante : désastre en Irak, multiplications des affaires de corruption, explosion des inégalités, usure du pouvoir, tout justifiait une immense déculottée.

Défaits, Bush et ses amis ne sont pas pour autant écrasés. D’abord parce que l’idéologie du président trouve un écho favorable chez bien des américains. Ensuite parce que les démocrates ne constituent pas un groupe politique homogène susceptible d’incarner une alternative réelle à la politique menée jusque-là. De nombreux élus du parti de l’âne sont très conservateurs sur le plan social. Le contingent des démocrates ultra religieux n’est pas marginal. Enfin, tous ne sont pas favorables à un retrait des troupes en Irak. Comment la future Speaker de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi (qui est, elle, bien plus à gauche que nombre de ses collègues, allant jusqu’à proposer une hausse substantielle du salaire minimum !), s’y prendra-t-elle pour fédérer ses troupes, c’est une vraie question.

En attendant, le spectateur hexagonal ne peut cacher sa circonspection devant la façon dont se déroulent les élections aux Etats-Unis. L’argent est le sésame indispensable pour tout candidat : les dollars coulent à flot, et les sommes évoquées officiellement sont d’une indécence rare (plusieurs milliards).

Au-delà de cette ignoble débauche de pognon, il y a la multiplication des incidents techniques qui font craindre de nombreuses erreurs : on ne compte plus les bugs dans le fonctionnement des machines électroniques (propriétés de groupes industriels proches des républicains !) et les problèmes liés à l’inscription sur les listes électorales. Le parti démocrate, encore traumatisé par l’élection volée de 2000, a recruté plus de 7000 avocats et étudiants en droit, tous bénévoles, pour surveiller les élections dans les Etats et les circonscriptions les plus sensibles !

Bref, le modèle de la démocratie de marché à l’américaine n’est pas franchement enthousiasmant. Que Sarkozy, après Berlusconi et d’autres, affiche son intention de l’importer en France ne présage rien de bon. Si il y a bien une crise de la démocratie en France, une solution à l’anglo-saxonne ne saurait contribuer à la résorber.

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