Cinq ans après la vente forcée de la branche énergie du groupe Alstom à General Electric, c’est une autre part de notre industrie stratégique qui passe sous pavillon étranger.

Compte tenu du domaine d’activité de ce fleuron (leader mondial de la technologie Li-Fi ) et alerté très tôt par dix-sept députés de toute sensibilité, le gouvernement avait la possibilité de mettre un terme à cette OPA grâce au décret « Montebourg » dans le cadre de la procédure de contrôle des investissements étrangers en France.

Peine perdue. Bercé par un libéralisme béat, il s’en est tenu à une maigre conditionnalité, une rétrocession de 10% du capital à un fonds d’investissement agréé par l’État, qui ne gênera en aucun cas le pillage insidieux de nos savoir-faire.

Tous ces errements économiques constituent une perte grave de souveraineté. Après avoir confié de facto à un groupe américain, en lui cédant l’entreprise fabriquant les turbines Arabelle, la maintenance de nos centrales nucléaires, c’est désormais aussi un fonds outre-Atlantique qui aura le dernier mot pour nous fournir, ou on, une innovation majeure. Cette tutelle, qui fragilise notre indépendance diplomatique, est inacceptable.

Les vautours survolent déjà leur prochaine cible. L’entreprise Photonis, qui produit des composants du laser Megajoule rentrant dans le programme de dissuasion nucléaire français, est dans l’œil du cyclone étatsunien.

Mais le délitement de notre appareil industriel n’est pas une fatalité. La nationalisation de nos acteurs stratégiques en difficulté reste une alternative crédible. Car les dispositions juridiques existent, cela n’est qu’une question de volonté politique.