Pour une autorité bancaire débarrassée des lobbyistes

Le 19 février, le conseil de supervision de l’Autorité bancaire européenne a nommé  José Manuel Campa comme nouveau président, soit un lobbyiste du milieu bancaire, et pas n’importe lequel. José Manuel Campa est en effet depuis 2014 responsable mondial des « affaires réglementaires » du groupe bancaire espagnol Santander. Son rôle était notamment de faire du lobbying pro banques auprès de… l’autorité bancaire européenne. L’objectif : assouplir les règles qui encadrent l’activité des banques.

Alors que nous avons connu le cas de José Manuel Barroso qui est passé à Goldman Sachs, les institutions européennes persistent dans la légitimation du pantouflage le plus grossier. Tout laisse à penser que la crise de 2008 est désormais un spectre oublié par les élites européennes. On sait pourtant que les fragilités financières n’ont jamais été aussi élevées, et qu’une crise systémique peut se déclencher à n’importe quel moment vue la montagne de dettes publiques et privées dans les bilans des banques et la faiblesse de la croissance.

J’ai bien évidemment voté contre cette nomination qui fragilise la confiance que les citoyens peuvent avoir dans le régulateur européen.

Il faut ajouter l’Arabie Saoudite et le Panama à la liste noire de l’Union européenne

C’est avec consternation que j’ai appris la décision du Conseil de refuser à l’unanimité la proposition d’extension de la liste noire anti-blanchiment et anti financement du terrorisme faite pas la Commission. Parmi les États qui devaient y être ajoutés, figurent notamment l’Arabie Saoudite et le Panama. Comment est-il possible de refuser d’intégrer ces pays dans la liste noire, quand on sait leur rôle dans les financements occultes du grand banditisme et du terrorisme ? Après les Panama Papers et tout ce qu’ils ont révélé ? Après les dizaines de preuves de financements privés du terrorisme qui passaient par l’Arabie Saoudite ?

Ce pays a fait un lobbying continu en envoyant des lettres à chaque État, et a laissé entendre que cela compliquerait ses investissements vers l’Union européenne. Je m’interroge sur le fait qu’on puisse préférer les chèques de Mohamed Ben Salman à la sécurité nationale. Nous ne pouvons plus tolérer l’impunité de certains États.

Le Parlement européen a une responsabilité face aux renoncement. J’ai voté POUR cette résolution qui dénonce l’hypocrisie du Conseil.

Il faut refuser le retour de l’accord de libre-échange avec les États-Unis

Les accords de libre-échange se suivent et se ressemblent, mais certains sont plus graves que d’autres. Alors que les peuples ont clairement montré qu’ils ne voulaient pas d’un accord transatlantique qui ravagerait les économies européennes et enclencherait un phénomène d’alignement normatif qui dégraderait les standards européens, les États-Unis et Bruxelles reviennent à la charge.

Ils veulent en effet relancer des discussions pour un « mini-TAFTA » qu’on peut qualifier de « TAFTA tout-court » tant les domaines ciblés sont nombreux. Les États-Unis veulent y compris étendre les négociations à l’agriculture, alors que les agriculteurs européens sont déjà en difficulté, et négocier un alignement normatif. Sans parler des fameux tribunaux d’arbitrage qu’on veut nous ramener par la fenêtre.

Ceci n’est pas acceptable. L’Europe ne peut pas continuer dans cette voie qui menace son indépendance et qui obère la capacité des États à mener des politiques industrielles et écologiques. L’Europe a besoin de protectionnisme, pas de libre-échange. J’ai évidemment voté contre cette résolution sur l’ouverture des négociations entre les États-Unis et l’Union européenne.

Stop à la socialisation des pertes et à la privatisation des profits !

Le rapport sur la couverture minimale des pertes occasionnées par les expositions aux prêts non performants est à la fois un nouveau cadeau aux banques et un coup porté aux millions d’européens en situation d’endettement précaire.

En effet, le règlement prévoit d’être complété par deux directives sur les droits des consommateurs et sur les services bancaires liés aux prêts non performants. La première directive créera un marché secondaire des crédits non performants ; la seconde facilitera les saisies extrajudiciaires des actifs des particuliers.

Des fonds vautours pourront ainsi racheter des créances pourries à prix cassés, puis saisir les biens immobiliers de ceux qui n’ont pas pu rembourser leurs dettes. Pour éponger les pratiques irresponsables des acteurs bancaires, on fera donc payer les plus fragiles, dans la même logique que celle qui a failli provoquer un effondrement économique mondial en 2008. Nous voici donc arrivés à une nouvelle étape de la socialisation des pertes et de la privatisation des profits.

J’ai évidemment voté contre ce rapport.

La concurrence n’est pas la solution pour l’aviation du futur :

Le rapport de Markus Pieper sur la préservation de la concurrence dans le domaine du transport aérien nous offre une vision dépassée de la stratégie de l’aviation européenne. En effet, il promeut un nouveau retrait de la puissance publique dans la régulation du secteur, sans en relever les dysfonctionnements, qui résultent de la lutte pour les parts de marché. On sait pourtant que ces dérégulations ont conduit à la privatisation de nombreux transporteurs, à des milliers de suppressions d’emplois, au détriment de la qualité du service aux usagers.

La seule préoccupation de ce rapport est de limiter au maximum les subventions et les aides d’État, alors que la structure du marché de l’aviation peut rendre nécessaire une politique publique active pour peser dans la mondialisation. Enfin, ce rapport est indifférent aux conditions de travail de plus en plus dures dans le secteur aérien, attestées par de nombreuses grèves et mouvements sociaux, qui résultent précisément de méthodes de management obsédées par la réduction des coûts, y compris en matière de sécurité. J’ai naturellement voté contre ce rapport.