La Commission européenne vient de publier son évaluation annuelle des 28 économies nationales, et donc son rapport sur la France. Elle pointe ce qu’elle qualifie de « déséquilibres », et en particulier le « niveau élevé de la dette publique », qui est devenu un point obsessionnel pour les technocrates qui nous dirigent.

Si la Commission se réjouit de l’amélioration de « l’environnement des entreprises », mais considère qu’il faudrait des « réformes supplémentaires » sur l’assurance chômage, le régime des retraites et la réduction des dépenses publiques. Pour réduire les dépenses publiques, il ne faudrait donc pas supprimer le CICE, transformé en baisse de charges pérenne, ou rétablir l’ISF dont les contribuables paie le coût de la suppression, mais tailler encore un peu plus dans le modèle social français.

Ce constat n’a rien de scientifique. Les protections offertes par l’État providence joue un rôle contracyclique en cas de crise économique, et nous évite bien souvent l’entrée en récession dans une conjoncture économique mondiale particulièrement instable. Baisse les dépenses publiques dans ce qui constitue un filet de protection pour l’économie est donc particulièrement malvenu. Cette doxa a produit des effets dévastateurs en Europe, mais la Commission persiste de façon obtus.

Peu importe que le dogme néolibéral se fracasse en permanence sur la réalité, celui-ci est maintenu comme un horizon indépassable par nos élites. Au contraire, il est plus que jamais temps d’impulser un grand plan d’investissement social, urbain et écologique, qui permettra à la France de relever les défis du futur. C’est ce que nos gestionnaires ne veulent pas voir.