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©David Monniaux

Dans le prolongement des consignes reçues par les États européens membres de l’OTAN sous commandement américain, ce texte met en œuvre le principe de mobilité des armées à travers le Vieux Continent. Ce « Schengen Militaire » permettra d’amasser le plus vite possible des troupes et des équipements militaires sur le flanc oriental de l’Union européenne, afin de riposter, y compris « préventivement », à toute action de la Russie considérée comme une « agression ».

Après avoir piétiné son engagement de ne jamais élargir l’OTAN aux anciens pays satellites de l’URSS, le bras armé de la domination américaine franchit donc, avec la complicité active de l’Union, un nouveau pas dans l’escalade militaire. « L’Europe de la Défense » obéit, en toute absence de « souveraineté », aux ordres élaborés par le Pentagone à Washington.

Les moyens financiers considérables (6,5 milliards d’euros !) et techniques alloués à cette entreprise guerrière violent pourtant les traités. En effet, l’article 41-2 du TFUE interdit tout financement d’activités militaires. Mais l’astuce consiste à conférer un « double usage », militaire et civil, à ces investissements. Les libéraux atlantistes savent parfaitement sortir des traités quand ça les arrange.