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Santiago Abascal, leader de Vox. ©Contando Estrellas

Nous venons de vivre un coup de tonnerre en Andalousie qui risque d’avoir des conséquences dramatiques pour toute l’Europe. Ce dimanche, les électeurs andalous ont décidé de donner 12 sièges et 11% des voix au parti néo-franquiste Vox, ce qui n’était jamais arrivé dans une région solidement ancrée à gauche depuis des décennies. Ce parti anti-immigration et anticatalans vient d’obtenir ses galons de crédibilité et risque désormais de répliquer des scores de ce type partout en Espagne et aux élections européennes. Déjà, l’internationale des réactionnaires, Bannon, en tête, se félicite du score de ce Tea Party à l’espagnole. Un tel allié leur était en effet indispensable pour construire une Europe d’extrême-droite.

L’événement est d’autant plus inquiétant que cela faisait quatre décennies que le PSOE gouvernait l’Andalousie. Le parti de Pedro Sanchez, porté localement par Susana Diaz, n’a obtenu que 28% des voix et 33 sièges (-14), un minimum historique lorsqu’on se rappelle qu’en 2004 le PSOE faisait plus de 50% des voix dans la région. Podemos et sa coalition Adelante Andalucia est lui aussi en recul en n’obtenant que 16% et 17 sièges (-3) par rapport aux dernières élections. Le Parti Populaire subit aussi un désaveu en perdant 7 sièges et en ne réalisant que 21% des voix.

Outre Vox, une autre droite capitalise sur ce rejet, celle de Ciudadanos, allié local de Macron, qui gagne 12 sièges supplémentaires et en totalise donc désormais 21. Au total, le bloc de droite obtient la majorité absolue avec 59 sièges. Au regard des déclarations effectuées par les leaders des différents partis, nous devrions nous diriger vers un gouvernement de droite dure en Andalousie, avec une éventuelle participation des franquistes de Vox.

C’est un coup dur pour le gouvernement de Pedro Sanchez et une source d’inquiétude terrible pour tous les progressistes du continent européen. Depuis des semaines, le PSOE et Podemos n’arrivent pas à obtenir l’accord des indépendantistes catalans pour faire passer leur Loi de Finances au Congrès espagnol, alors que celle-ci contient de nombreuses mesures de justice sociale qui feraient reculer l’extrême-droite : augmentation forte du SMIC, investissements publics, encadrement des loyers, etc. Face à ce blocage, des élections législatives anticipées sont de plus en plus évoquées.

Mais les résultats de Vox en Andalousie laissent présager le pire en cas de réalisation d’un tel scénario, celles-ci pourraient aboutir à une coalition des droites radicalisées au pouvoir. L’Espagne nous fournit une éclatante leçon, si les forces de progrès sont incapables de réaliser concrètement le changement et leurs promesses, elles laissent la porte ouverte au retour des réactionnaires partout en Europe.