AUSTRALIE/NOUVELLE-ZÉLANDE : appels au PE pour un traitement adéquat des produits sensibles dans les futurs ALE avec l’UE

Bruxelles, 08/09/2017 (Agence Europe) – En vue de l’octroi par le Conseil de l’UE à la Commission de mandats et de directives de négociation pour des accords de libre-échange avec l’Australie et la Nouvelle-Zélande, les rapporteurs pour avis de la commission ‘agriculture’ du Parlement européen réclament, dans des avis qui devraient être votés par leur commission, début octobre, que les produits agricoles sensibles soient dûment protégés.

Le Français Éric Andrieu (S&D) rappelle que l’Australie « dispose d’un secteur agricole très compétitif et fortement orienté vers l’exportation et que le marché australien est relativement restreint pour les exportateurs européens de produits agricoles ». M. Andrieu « met de ce fait en garde contre le risque d’un fort déséquilibre de l’accord dans le secteur agricole au détriment de l’UE et contre la tentation de se servir de l’agriculture comme d’une monnaie d’échange pour un accès accru au marché australien pour les produits industriels et les services ». Il estime que « l’UE doit s’abstenir de prendre quelque engagement que ce soit » dans des secteurs tels que les viandes bovine et ovine et les sucres spéciaux. Il rappelle que « tous les contingents tarifaires qui pourraient être accordés (à l’Australie) auront vocation, à l’issue du Brexit, à s’appliquer à un marché communautaire réduit », et qu’« il conviendra dès lors d’en tenir soigneusement compte dans le calibrage des offres de l’UE ».

 

De son côté, Le Britannique James Nicholson (CRE) invite la Commission à « garantir des conditions de concurrence équitables » dans les pourparlers avec la Nouvelle-Zélande, dont le secteur agricole est « très compétitif et fortement tourné vers l’exportation », « par exemple, en instaurant pour les secteurs les plus sensibles des périodes de transition ou des quotas appropriés, ou en s’abstenant de prendre des engagements ». M. Nicholson cite les produits laitiers et la viande ovine et caprine comme les « produits vulnérables » de l’UE.

 

Une fois votés par la commission ‘agriculture’, ces projets d’avis seront transmis à la commission ‘commerce international’, dont le rapporteur pour les mandats de négociation avec l’Australie et la Nouvelle-Zélande, l’Allemand Daniel Caspary (PPE), demande, dans son projet de recommandation, des « résultats équilibrés » dans le secteur agricole « qui tiennent dûment compte des intérêts de tous les producteurs et consommateurs européens, par exemple en mettant en place des quotas dans les secteurs les plus sensibles ».

 

Dans sa réponse (publiée le 7 août) à une question écrite du Français Emmanuel Maurel (S&D) sur les concessions agricoles dans les futurs accords avec l’Australie et la Nouvelle-Zélande, qui demande si la Commission proposera, dans ces projets de directives de négociations, d’ouvrir davantage le marché européen du bœuf, du lait et du sucre aux exportations australiennes ou néo-zélandaises, le commissaire à l’Agriculture, Phil Hogan, assure que les projets de directives de négociation en cours de finalisation « tiendront compte de ces sensibilités en matière agricole »..

 

« L’Australie et la Nouvelle-Zélande se fondent sur des cultures commerciales très différentes des nôtres, notamment en matière de commerce agricole. Dans ces deux pays, qui ne reconnaissent pas le principe des indications géographiques, l’agriculture se fait à l’échelle extensive. Cela justifie que le secteur agricole de l’UE bénéficie d’une attention spécifique », avait insisté M. Maurel, dans une question écrite transmise le 21 juin. (Emmanuel Hagry)