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©Philippe Martin

Initialement destiné à prolonger et renforcer les responsabilités de « l’envoyé spécial pour la promotion de la liberté de penser, de conscience et de religion hors de l’UE », ce rapport voulu par le PPE a fait l’objet de modifications substantielles par voie d’amendements, grâce auxquelles j’ai pu finalement m’abstenir plutôt que voter contre.

 Il était en effet à craindre que l’extension des missions et les financements spécifiques de cet « envoyé spécial » devenu « représentant spécial », figent son mandat dans la seule promotion de la liberté de religion, du « dialogue interreligieux » et autres renforcement de l’intervention des religieux, notamment les représentants des Églises chrétiennes, dans la conduite de la politique étrangère de l’Union.

Mais grâce à la mobilisation des organisations laïques, les députés de gauche ont réussi à rééquilibrer le texte en y incluant les principes fondamentaux de la séparation des Églises et de l’État, la nécessaire protection des croyants mais aussi des non-croyants ; et l’exercice du droit de critiquer les religions, y compris le droit au blasphème.

Nous devons néanmoins demeurer très vigilants face aux risques d’une institutionnalisation croissante des Églises dans le champ politique européen, toujours en filigrane.