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Celebrated Iranian film director Jafar Panahi stands in front of shelves of cameras during an interview with AFP in Tehran on August 30, 2010. Panahi, who spent three months in Tehran’s Evin prison, is expected to present his latest film “The Accordion” at the Venice Film Festival September 1-11, 2010. AFP PHOTO/ATTA KENARE

Arrêtée à Téhéran le 13 juin 2018 pour « diffusion de propagande contre le régime » et « rassemblement ou collusion en vue de commettre des infractions compromettant la sécurité nationale », l’avocate et militante des droits humains Nasrin Sotoudeh, 55 ans, est incarcérée à la prison d’Evin et… déjà condamnée à 5 ans de prison ferme sans autre forme de procès.

Que reproche le pouvoir théocratique iranien à Mme Sotoudeh ? D’avoir fait son travail, en l’occurrence assurer la défense des femmes poursuivies pour avoir manifesté contre le port obligatoire du voile islamique. Les pratiques répressives extrajudiciaires se multiplient actuellement en Iran, à l’encontre des femmes osant sortir de chez elles sans leur couvre-chef.

Ce raidissement du régime s’inscrit dans la mise à l’index de l’Iran par les Etats-Unis et leur sortie unilatérale de l’accord sur le nucléaire iranien signé à Vienne le 14 juillet 2015. Les fractions les plus réactionnaires, notamment les Gardiens de la Révolution, se nourrissent en effet de la décision irresponsable de Trump, pour accréditer la thèse selon laquelle toute libéralisation politique affaiblit l’Iran face à ses adversaires. Mme Sotoudeh est une victime directe de cette collusion de fait entre néoconservateurs américains et fondamentalistes iraniens.